Mahamad Boune Abdallah DIONNE reconduit au poste de 1er ministre et cumulativement nommé Secrétaire général à la présidence de la république

Depuis que le Premier Ministre M. Boune Abdallah Dionne a remis sa démission ainsi que celle de son gouvernement dans la journée du 5 Avril, les auditeurs et téléspectateurs sont scotchés aux radios et aux télévisions en attente de l’annonce du Nouveau Gouvernement érigé par le président Macky SALL depuis sa réélection pour un deuxième mandat. C’est 24h après que la sentence tombe pour Le Premier Ministre, annoncé à l’accoutumé par le secrétaire général de la présidence Jean Maxime Simon Ndiaye, Boun Abdallah est non seulement reconduit au poste de premier Ministre (Decret 2019-759) mais aussi remplace M. Jean Maxime  au poste de  Ministre d’Etat  Secrétaire Général à la présidence (Decret 2019-760). En amont, ce dernier descend d’une échelle et est nommé Ministre Secretaire général du gouvernement (Decret 2019-761) au détriment de M.Seydou Gueye démit de ses fonctions (Decret2019-758). Ceci dit il faut préciser que le Poste de premier ministre qu’occupe Dionne est temporaire puisqu’un décret à été promulgué le jour même visant à la suppression de ce poste dès le prochain conseil des ministres.

Suppression du poste de Premier Ministre 

Avec le décret 2019-762 le Président Macky SALL supprime le poste de premier Ministre de son gouvernement.

Dans quel but? Et quelles-sont les conséquences politiques et Juridiques de ce choix? 

Dans le discours présenté par Mahamat Boune, il précise que sa double nomination est : «…parce qu’il est venu un temps nouveau, le temps d’un mieux d’Etat pour rapprocher justement l’administration des administrés, … , pour accélérer les réformes, que ces réformes aient davantage d’impacts- …- le chef de l’Etat a souhaité donc de commencer les grandes reformes administratives par le haut de l’exécutif -…-  pour diminuer les goulots d’étranglements pour que l’information circule davantage..». Il ajoute «Cette réforme passera par la suppression de l’échelon intermédiaire qui est le premier ministre »

À l’étude de ces propos, il semble que le poste d’un premier ministre soit pour le président un blocage à l’exécution de son plan de développement. Le président cherche à se rapprocher davantage du fonctionnement administratif, avoir la main mise, le contrôle totale sur son gouvernement pour le respect de ces 3 prinicpes de renouveau qui sont :

1- La simplicité, en phase avec la performance dans les actions au rappel du fameux Fast track

2- La souplesse notamment dans le protocole administratif

3- La clarté, relativement aux différentes fonctions, « qui est qui » et « qui fait quoi » pour une totale transparence dans le travail

Au delà de la motivation du Président SALL, les experts en droit et science politique du pays en font une autre lecture. La majorité réfute ces prétendues intentions et l’accuse d’un jeu politique dans le but de préparer un 3ième mandat qu’il a pourtant écarté dans son discours ou de préparer un successeur à son fauteuil pour la survie de son parti Politique l’APR, bien que Boune depuis son alliance avec le Président ne montre aucune ambition présidentielle

Néanmoins aucune de ses motivations ne doivent être à l’origine d’une si importante décision qui remet en cause le système politique Sénégalais qui se lit déjà sous un régime présidentiel (même si n’eut été cela, les débats vont bon train entre professeurs universitaires sur la réelle nature de ce régime, un article vous sera présenté)

Effectivement les conséquences se lisent sur le plan politique mais ce qui nous intéresserait le plus est plutôt le plan juridique voir constitutionnel.

Les conséquences juridiques

C’est avec un grand intérêt que les débats se sont tenus sur les conséquences. Dans la constitution près d’une cinquantaine d’articles sont relatifs au rôle du PM et dans le gouvernement et à l’assemblé nationale. Déjà du rôle du premier ministre qui en principe est le chef de gouvernement, il a pouvoir sur tous les ministres et est le  principal intermédiaire entre le gouvernement et le PR. Considéré comme le second du Président, il le représente à l’étranger et statue pendant ces absences, le PM peut même être considéré comme un pion essentiel dans la décentralisation du pouvoir exécutif ceci dit ce n’est que dans la forme que cela est acceptable, d’aucun approuve, pour ne pas dire tout le monde, que le PM n’agit que sous instruction du PR puisqu’il est nommé par ce dernier. L’affirmation d’une décentralisation du pouvoir n’est qu’à mon humble avis un mirage dont nous sommes tous conscients parce qu’elle ne nous séduit que sur le principe. Pour revenir au statut du PM qui est responsable devant le président et devant l’assemblée nationale, qui reçoit les questions écrites et orales de l’Assemblée, qui est l’acteur dans la question de confiance et la motion de censure, qui nomme aux emplois civils, qui préside le conseil des ministres etc. Dans une suite logique toutes ses prérogatives du Premier ministre prévues par la Constitution vont bien entendu faire l’objet de modification pour s’adapter au nouveau système en place ce qui risque d’être contradictoire. N’est-ce pas aux institutions de se conformer à la Constitution et non le contraire. Nous attendons alors de voir quelles autres réformes relatives à la Constitution sur les pouvoirs du PM nous présentera le Président, ce sera sûrement le partage des pouvoirs du PM entre le PR, le Secrétaire Général de la Présicence et le Secrétaire Général du gouvernement.

Les conséquences politiques

En effet dans un pays où les postes gouvernementaux sont politisés, ce qui est décevant,  le premier ministre est un pion indispensable aussi bien pour son gouvernement que pour le Président lui même, intermédiaire entre le président et les ministres.

Au rappel de l’histoire Sénégalaise, Macky SALL est le 3ième président à décider de supprimer le poste de PM, Senghor l’eut fait de 1963 à 1970, puis Abdou DIOUF de 1983 à 1991 (Pour plus de détails sur ces deux régimes présidentiels renforcés, vous pouvez cliquer le lien ci-après https://www.ndarinfo.com/Suppression-du-poste-de-Premier-ministre-Macky-SALL-sur-les-traces-de-DIOUF-et-de-SENGHOR_a25052.html ). Ceci dit il y a quand même une différence de contexte, de prime abord nous ne pouvons même pas considérer Senghor comme un Président de la république, aucune démocratie ne l’a réellement élu, il a été imposé par le colon français et d’ailleurs cela s’est ressentie durant sa gouverne et celle de son successeur DIOUF, à l’époque il n’y avait pas de démocratie. Remarque faite, aujourd’hui les Sénégalais pointe Macky SALL du doigt comme un Président faible devant la force française, s’agissant des gros marchés que cette dernière gagne dans le pays, de sa dévotion à leur égard etc. Cette relation étroite avec la France, reste un point commun entre le Sénégal de 1960-2000 et celui de 2012 à nos jours avec Macky, ce qui laisse un point d’exclamation devant un Sénégal qui semblait se libérer petit à petit des chaînes du néocolonialisme sous le régime de WADE. Aujourd’hui si l’histoire se répète pour en plus un pas en arrière il est important de se demander qui a t-il réellement derrière Macky, cette force tranquille qui est politiquement le fils légitime de Wade et pour qui l’accession au pouvoir s’est considérée comme une rébellion pour ne pas dire traîtrise aux yeux des politologues et même de la population profane.

Nouveau gouvernement

Dans le discours du Secrétaire général Jean Maxime, le président annonce un gouvernement recentré et resserré constitué de femmes d’hommes et de jeunes. Cela laisse entendre une réduction des postes ministériels, une modification des intitulés ou la création de nouveau ministère en fonction des besoins auxquels il devra apporter réponse durant son quinquennat.

48h après ce discours, le 7 avril, le SG annonce par décret la nouvelle équipe du président. La population sénégalaise espérait retrouver une cohérence avec la précédente sortie du PM et du SG, mais au grand damn, l’équipe Macky II ne répond pas aux attentes. Le gouvernement  mis en place se compose de 32 ministères et 3 ministres secrétaires d’Etat, ce qui nous renvoie à un effectif de 35 contre 39 ministres auparavant, une bien maigre différence par rapport à ce que l’on s’attendait. Certes avec 28 ministres de l’ancien gouvernement qui ne font plus partie de la course, il y a bien entendu de nouvelles têtes qui composent cette équipe. Au demeurant, elles sont en réalité des acteurs bien connus sur le terrain politique. Il n’y a donc pas de changement objectif qui soulignerait La Rupture avec ce système au gouvernement plus politique que technocrate.

Alors concernant les postes occupés par les femmes, il n’y a eu ni plus ni moins, elles étaient au nombre de 8 mais pour un gouvernement qui rétrécit de 4 personnes, cela rend la présence féminine légèrement plus importante soit un pourcentage de 25% dans cette nouvelle équipe. De ces femmes, la moitié était déjà dans le précédent gouvernement et l’autre moitié qui surgit de la scène politique. On remarque aussi, quelques têtes qui n’ont pas fait bonne figure ces derniers temps, quelqu’un comme Cheikh Oumar Hann qui fut le DG du COUD et qui finit impopulaire après ces bavures, cela reste frustrant pour les jeunes étudiants de se retrouver avec un Ministre épinglé par l’OFNAC.

Liste du Nouveau Gouvernement

GOUVERNEMENT MackyII-Senegal

Decret 2019-762 vu la constitution art 43-49-53

Sidiki Kaba : Ministre des forces armées

Aly Ngouille Ndiaye : Ministre de l’intérieur

Abdoulaye Daouda Diallo : Ministre des Finances et du budget

Amadou Bâ : Ministre de affaires étrangères et des sénégalais de l’extérieur

Malick Sall : Garde des sceaux – Ministre de la justice

Mansour Faye : Ministre du développement communautaire – équité sociale

Mouhamadou Moctar Cissé : Ministre du Pétrole et de l’énergie

*Mariama Sarr : Ministre de la Fonction publique et du renouveau des  services publiques

Oumar Youm : Ministre de l’infrastructure et du transport

Amadou Hot : Ministre de l’économie, du plan et de la coopération

Abdoualye Diouf Sarr : Ministre de la santé et action sociale

Moussa Baldé : Ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural

Serigne Mbaye Thiam : Ministre des eaux et assainissement

* Saly Diop Dieng : Ministre de la femme, de la famille et de la protection de l’enfance

Alioune sarr : Ministre du tourisme et transport aérien

*Aminata Mbengue Ndiaye : Ministre de la pêche et l’économie maritime

Mamadou Talla : Ministre de l’éducation nationale

Oumar Gueye : Ministre des collectivités territoriales

Cheikh Oumar Hann : Ministre de l’enseignement supérieur

Moustapha Diop : Ministre du développement industriel et des petites et moyennes industries

Abdou Karim Sall : Ministre de l’environnement et du développement durable

*Aïssatou Sophie Gladima : Ministre des mines et de la géologie

Matar Bâ : Ministre des sports

Samba Ndiobène Ka : Ministre de élevage et de la reproduction animale

Samba Sy : Ministre  du Travail et du dialogue sociale

Abdou Karim Fofana : Ministre de l’urbanisme et du logement

Aminata Assomme Diatta : Ministre du commerce et des PME

Abdoulaye  Diop: Ministre de culture et de la communication

Nené Fatoumata Tall : Ministre de la jeunesse

Zahra Iyane Thiam : Ministre des microfiances et des economies sociales et solidaires

Dame Diop : Ministre de l’emploi

Ndeye Diké Ndiaye Diop : Ministre de l’economie numérique et des télécomunication

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